C'était Pitt. Sa voix me parvint depuis le couloir.
- Je t'ai apporté un paquet. Je veux que tu mette ce qu'il contient, je suis sur que ça te plairas. À tout de suite ma chérie.
Que pouvait-il bien m'avoir amené? Rongée par la curiosité, je sortais du bain et passa un peignoir en soie pour aller ouvrir la porte.
Pitt était déjà redescendu. Je prit le paquet et refermai la porte pour aller m'asseoir sur le rebord de la baignoire. En ouvrant le carton, je retint mon souffle. À l'intérieur se trouvait une magnifique robe rouge à bretelles surmontée de deux fleurs. Je me dépêchais de l'enfiler. Elle mettait parfaitement mon corps en valeur. Sur le devant de la robe, à la hauteur de ma poitrine qui partait en grand décolleté se trouvaient des millions de petits diamants qui brillaient de milles feux. Elle laissait mon dos complètement nu et ne descendait pas plus bas que le haut de mes genoux. Elle était superbe. Le paquet contenait également une pair de magnifiques escarpins assortit à la robe. Je me coiffai et me mit un peu de maquillage puis sortit de la salle de bain. De la musique me parvint depuis le salon. Allions-nous danser ? Je descendis les marches prudemment. Il vint m'accueillir, tendant sa main pour que je la prenne.
- Tu es ravissante. Cette couleur te vas à ravir. Tu as apprécié mon cadeau ?
- Oui, merci Pitt, ça me plaît beaucoup. Dis-moi, en quel honneur as-tu organisé cette fête ?
Il mit un moment avant de répondre, comme s'il avait peur de ma réaction lorsqu'il me répondrais. Comme pour se donner du courage, il m'embrassa.
- Disons que c'est notre dernière soirée seuls tous les deux mon ange, me répondit-il.
Je mit une bonne minute à réagir à ce qu'il venait de me dire. Qu'entendait-il par là?
Qu'allait-il faire de moi? Allait-il me tuer ou me laisser partir?
- Vraiment? lui répondais-je, la voix tremblante. Pourquoi?
- Ne t'inquiète pas ma chérie, je ne vais pas te faire de mal, seulement à partir de demain nous ne seront plus deux ici, mais trois.
J'en restais bouche bée. Trois? Allait-il enlever quelqu'un d'autre ? Il n'était pas question que je paraisse apeurée ou quoi que ce soit d'autre.
- Oh, c'est dommage. Moi qui commençait à me faire à cette vie avec toi.
- Mmm,fit-il. Alors profitons de cette soirée.
Il m'entraîna vers le canapé où il me fit asseoir. Sur la table se trouvaient une bouteille du meilleur champagne du pays et des amuse-bouches. Il nous servit une flûte de champagne m'en tendit une et m'embrassa du bout des lèvres.
- Chin Chin, me dit-il en tapant légèrement son verre contre le mien.
Tout en nous regardant dans les yeux, nous bûmes la première gorgée. Le Debussy se termina pour laisser la place à Unchained Melody de Righteous Brothers.
- Tu danses ? Me demanda-t-il en me prenant la main.
- Bien sûr, lui répondis-je.
Il me prit par la taille et m'attira contre lui. Je plaçais mes bras autour de son cou, ses yeux plongés dans les miens. J'aurais tellement voulu que tout cela se soit passé dans d'autres condition. Il m'aurait fait tomber sous le charme directement si il m'avait dragué autrement qu'en m'enlevant. Bizarrement, j'arrivais à être plus ou moins heureuse avec lui malgré les faits. J'arrivais même à éprouver un certain plaisir à sentir son corps chaud contre le mien. C'était vraiment insensé ! Me laisser aller à de telles conclusions, non! Je ne pouvais absolument pas éprouver cela, je devais le détester, il m'avait fait du mal tout de même. Mais cependant, quitte à me faire passer pour une masochiste, je ne pouvais pas m'empêcher de reconnaître que je l'appréciais tout en devant le détester.
- À quoi penses-tu Ève Angeline ? Me demanda-t-il, intrigué.
- Oh, à rien en particulier, répondis-je, gênée. On dirais que la musique touche à sa fin, dis-je pour changer de sujet.
- Oui, allons finir notre champagne, le dîner sera prêt dans cinq minutes.
Je retournais m'asseoir et je sirotais mon champagne pendant que Pitt s'affairait dans la cuisine. Je pris un moment pour détailler le salon. Les meubles avaient été déplacés de façon à aménager une place de danse. La table de verre était décorée de fleurs roses, rouges et blanches. Deux chandelles rouge rosé se consumaient lentement sur le chemin de table.
Au bout de quelques minutes, Pitt refit surface, un plateau à la main. Il déposa les assiettes recouvertes d'un couvre-plat devant ma chaise et la sienne puis m'invita à m'asseoir. Il alluma les bougies, nous servit un verre de vin, en l'occurrence du Château Neuf du Pape datant de 1994 puis découvrit les assiettes.
- Filets de saumon sur un lit d'haricots à l'échalote parcemé de tomates chéries, m'annonça-t-il, fier de lui.
- Ça à l'air délicieux, merci Pitt.
Nous mangeâmes tranquillement, parlant mais pas beaucoup, laissant la place à ses regards presque gênant pour qui n'y serait pas habitué. Le repas principal terminé, il se leva et m'enlaça tendrement.
- Le dessert nous attend à l'étage, me chuchota-t-il à l'oreille.
Nous montâmes dans la chambre. Bien que je ne soit pas sûre de vouloir faire ce que nous nous apprêtions à faire, je ne pouvais pas refuser, donc autant m'appliquer. Plus vite se serait fait, plus vite il me laisserait tranquille.
Des fraises et du chocolat étaient posés dans un plateau en argent sur le lit couvert de pétales de roses. Nous étions nus à présent et il trempa une fraise dans le chocolat qu'il prit entre ses dents. Je collais ma bouche à la sienne pour lui prendre l'autre moitié de la fraise. Nous nous embrassâmes fougueusement, c'était très excitant même si je ne l'aimait pas d'amour. Sa bouche descendit dans mon cou, entre les seins pour y lécher le chocolat qu'il y avait déposé. C'était très sensuel.
La nuit à été très agitée, mais au petit matin lorsque je me réveilla et me tourna sur le côté, Pitt n'était pas là. J'allais regarder dans la salle de bain, enroulée dans mon peignoir de soie. Il n'y était pas. Ce fut de même dans tout le reste de la maison. Je n'aurais pas dû m'en inquiéter et profiter d'être seule mais j'étais étrangement inquiète. Cependant, il y avait une pièce que je n'avais pas été voir, la pièce où il m'enfermait au début. Je tremblais à présent, l'atmosphère était palpable. J'avais du mal à respirer face à l'angoisse que j'éprouvais soudain. Le c½ur battant, j'ouvris la porte doucement.